Lors de l’arrivée du professeur Assaad Azzi en 1994, dans le cadre de l’appel international lancé par l’Université, la Faculté des Sciences Psychologiques et de l’Education de l’ULB faisait le pari de développer en son sein un enseignement et une recherche de qualité dans le domaine de la psychologie sociale, telle qu’elle se pratique internationalement. Ayant effectué ses travaux doctoraux et postdoctoraux aux Etats-Unis (University of Pennsylvania, Yale University) à l’issue d’une licence en sociologie au Liban, Assaad Azzi va introduire une psychologie sociale qui combine l’approche expérimentale et les connaissances issues de la recherche fondamentale avec une approche transdisciplinaire et pragmatique de problématiques psycho-socio-politiques, notamment les relations intergroupes et interculturelles. Avec A. Azzi, le service a changé d’intitulé, devenant le « Service de psychologie sociale ».
En 1997, le professeur Lucy Baugnet rejoint le service en reprenant plusieurs enseignements laissés vacants par la retraite du professeur Bolle de Bal; ces enseignements concernaient essentiellement les thématiques de la psychosociologie des organisations, la psychologie de la formation et la psychologie sociale de la communication. Trois ans plus tard, elle quitte l’ULB pour rejoindre l’Université de Picardie Jules Vernes.
Depuis 1994, la formation a graduellement subi des modifications dans ses objectifs, sa visibilité et ses contenus. Cette formation, tout en conservant le pôle fort représenté par les compétences en dynamique de groupe, s'est élargie pour inclure le développement des connaissances et compétences dans les domaines des relations intergroupes et interculturelles, du conflit et de la résolution de conflit, des stéréotypes et de la cognition sociale, et de la perception de justice. En corollaire, de multiples projets de recherche se sont développés et se sont vus concrétisés par la publication de plusieurs thèses de doctorats et d'articles scientifiques. En 2000, Olivier Klein défend sa thèse de doctorat portant sur la communication des stéréotypes et devient, après un postdoctorat aux Etats-Unis, premier assistant. En 2001, Laurent Licata défend également sa thèse. Parallèlement se développe une diversité d’approches théoriques (cognition sociale, représentations sociales, identité sociale, etc.) et méthodologiques (méthode expérimentale quantitative mais également analyse de contenu, méthodes qualitatives).
En réalité, la collaboration au sein du service et entre celui-ci et des collègues de plusieurs pays et disciplines engendre une dynamique de complémentarité entre les différentes approches. Le nombre de doctorats au sein du service augmente avec la défense des thèses de Sophie Lambert en 2003 (« L’impact des facteurs socio-cognitifs dans la modulation de l’effet d’accentuation : une analyse exploratoire ») et Rodrigo Brito en 2004 (« The psychological distinction between social entities and social categories »). Aujourd’hui, plusieurs doctorants poursuivent leur recherche au sein du service sur des thèmes aussi variés que les stéréotypes, le contact culturel, la lutte contre le racisme et la discrimination, la réconciliation suite au génocide Rwandais, l’intégration sociale des enfants soldats au Burundi, la mémoire collective et réconciliation suite à la guerre civile au Liban, etc.
Depuis (1999), les Service de Psychologie Sociale collabore étroitement avec les membres du Groupe de Psychologie Sociale de l’ULB, créé par le professeur Margarita Sanchez-Mazas au sein de la Faculté des Sciences Sociales ainsi qu'avec de nombreuses chercheurs provenant d'autres horizons dont Mark Snyder (Université du Minnesota), Nyla Branscombe (Université du Kansas), Vincent Yzerbyt (Université Catholique de Louvain); Russell Spears (Université de Cardiff), Steve Reicher (Université de Saint Andrews), Yoshi Kashima (Université de Melbourne), etc. (voir une liste plus complète de nos collaborations ici).
Enfin, le Service de Psychologie Sociale s’investit dans des projets de collaboration interdisciplinaires tant à l’intérieur de l’université – Pôle Bernheim, Centre de recherche transdisciplinaire « Migrations, asile, multiculturalisme » (MAM) – qu’entre universités – Groupe de recherche FNRS « Mémoires collectives : Regards croisés ».
L'ensemble de ces activités a donné lieu à de nombreuses publications internationales.
La formation en psychologie sociale acquiert un programme plus riche et polyvalent qui se concrétise dans le projet Bologne par un nouveau Master qui sera offert à partir de l’année académique 2007-2008.
Une particularité de cette formation provient du fait qu’en Communauté Française de Belgique, la faculté des sciences psychologiques et de l’éducation de l'ULB est aujourd’hui la seule à proposer une formation de deuxième cycle spécialisée en psychologie sociale. Cette formation rencontre un besoin clair sur le marché du travail, où les étudiant(e)s sont fort appréciés dans le domaine de l’intervention psychosociale, en particulier auprès de publics précarisés ou de minorités culturelles. En effet, des connaissances approfondies dans le domaine de l’interculturalité semblent constituer un atout de plus en plus important dans les métiers de la psychologie.
La formation Master proposée couvre les thèmes de la diversité culturelle, des identités collectives, des relations intergroupes - y compris les processus de conflit, de résolution de conflit et de réconciliation, de négociation et de médiation -, de la cognition sociale - formation d'impression et stéréotypes - des représentations sociales et de la mémoire collective, de la citoyenneté, de la justice sociale, des émotions et de la communication. Afin de rendre compte de cette ouverture de la formation aux questions relatives à l'interculturalité, il est proposé de modifier l'intitulé de la formation: après avoir été connue sous le nom de "psychologie sociale et sociopsychologie", puis plus récemment de "psychologie sociale", elle s'intitulera "psychologie sociale et interculturelle".
Ce programme a l’ambition de former les étudiant(e)s à la recherche, un pôle que nous cherchons à maintenir et à développer, ainsi qu’à l'intervention psychosociale dans des situations sociales complexes et changeantes en encourageant à l’étudiant(e) à se frotter au terrain afin de réaliser l’articulation entre la théorie et la pratique.
En 2008, Le Service change de nom et devient "Unité" de psychologie sociale.
La Création du centre de recherche (2012- )
En 2012, l'unité s'est divisée en un versant "enseignement", qui prend en charge le master spécialisé et un centre de recherche en psychologie sociale et interculturelle, dirigé par Olivier Klein. La création de centre permet de fédérer des personnes travaillant dans ces domaines, aussi bien au sein de l'unité qu'en dehors. Ainsi, Nicolas Kervyn et Anne-Marie Van Prooijen de la Solvay Business School nous ont récemment rejoints.